mercredi 3 juillet 2013

Colette,


La voix du souvenir....



Phantom Lady de  Robert Siodmak

Il me faut miraculeusement, dans mon sommeil, mêler mes provinces bien-aimées, la natale et les autres, et les palper à tâtons si je m’éveille en pleine nuit, interroger la sonnerie d’une grosse montre – je sais pourtant bien qu’elle est en Provence -, l’espagnolette d’une fenêtre qui n’existe plus que dans mon souvenir, une table de chevet captive en Bretagne, un bouton de cuivre qui brillait, il a un demi-siècle, sur la porte de ma chambre d’enfant… 

Un mur lisse, une tenture rugueuse, un verre d’eau abolis, brisés, exilés, renaissent, le temps que je revienne à moi. Leur rencontre est un instant inestimable, aussi fugitif que le givre par un jour pur, le seul instant où je puisse sentir sous ma main, presque palpable, la fleur pulvérulente du passé, un don consenti par la mémoire des sens, invétérée en moi comme 
seraient le bégaiement et la claudication…

Colette, En pays connu.
(Merci Alain A.)

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  A voir....

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