lundi 26 novembre 2012

d’Ingeborg Bachmann

Contre-jour


Comme Orphée je joue
sur les cordes de la vie la mort
et de la beauté de la terre
et de tes yeux qui règnent sur le ciel
je ne sais dire que de l’obscur.
N’oublie pas que toi aussi, soudain,
ce matin-là, alors que ta couche
était encore humide de rosée et que l’œillet
était endormi sur ton cœur,
tu vis le fleuve obscur
qui passait près de toi.
La corde de silence
tendue sur la vague de sang,
je saisis ton cœur résonnant.
Transformée fut ta boucle
en cheveux d’ombre de la nuit,
des ténèbres les noirs flocons
enneigèrent ton visage.
Et je ne t’appartiens pas.
Tous deux à présent nous nous plaignons.
Mais comme Orphée je sais
du côté de la mort la vie
et pour moi bleuit à l’horizon
ton œil à jamais fermé


d’Ingeborg Bachmann 


Nostalghia de Tarkovski.
  • L’intérieur d'une âme, elle même au centre de son monde, devant l'Absence.... Devant un passé qui est derrière..... Quelque chose de lointain à retrouver.
    L'eau se mêle à la terre. Elle est un miroir, et dans sa réflexion, s'entend t
    out un monde entièrement enveloppé de sacré, purifié de pluie, comme protégeant le tout. Florian Poinot

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